jeudi 28 novembre 2019

Sadak Souici

 Au centre de détention de Melun, en France, une centaine de détenus travaillent dans des ateliers d’imprimerie et de métallurgie. Ils apprennent des emplois utiles pour leur libération de prison. “Beaucoup de nos clients sont des ministères”, déclare AlainHochet, responsable de la fabrication de la presse à imprimer. Il supervise les détenus depuis seize ans. “Nous avons le ministère de l’Intérieur, de la Santé, de la Justice …” La liste de ce qui est imprimé est surprenante: procès-verbaux de garde à vue, fusillades avec des silhouettes noires, immobilisation de voitures, dossiers de cantine pour les prisonniers et feuilles de scellés ceux qui pendent aux portes après les crimes, “comme ceux que l’on voit dans les séries policières à la télévision”, dit AlainHochet.  Très peu de photographes et de médias sont autorisés à l’intérieur des murs de la prison et aucun visage n’est autorisé à être photographié ni montré sur la photo conformément au règlement de la prison française. Sadak Souici et Arthur Frayer-Laleix ont pu obtenir l’accès aux cellules et aux postes de travail. La série projette la notion du temps en prison. Le temps de travail, où les détenus ressemblent à tout autre travailleur, avec des tenues et des gestes similaires à ceux du monde extérieur. Et le temps privé, où les prisonniers sont la plupart du temps seuls face aux fenêtres de leurs salles obscures.  Malgré les habitudes de travail et la transmission des compétences, les prisonniers aspirent à être libérés. Le monde extérieur jette sur les murs de la prison une lumière irrémédiablement attrayante. La zone de la prison reste sombre et ombragée alors que le monde extérieur est clair comme un rayon de lumière.  Portfolio publié par Médiapart en novembre 2019
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Emmanuel.

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