"Léonidas aux Thermopyles" 1813 La composition du Léonidas aux Thermopyles (musée du Louvre) occupa David pendant près de quinze ans. Ce tableau, qui devait respecter tous les principes de l'antique et du "beau idéal", représente un exemplum virtutis tiré de l'histoire grecque : il s'agit du sacrifice de Léonidas et de trois cents spartiates qui se firent massacrer en résistant aux armées perses qui envahissaient la Grèce, dans les défilés rocheux des Thermopyles ("sources chaudes"). Le tableau de Léonidas aux Thermopyles sera achevé l'année même de la première abdication de Napoléon ; il évoque une défaite militaire transformée en victoire morale. On y voit Léonidas, au centre, nu et se préparant au combat. À gauche, un soldat grave sur le mur rocailleux la célèbre phrase : "Passant, va dire à Sparte que trois cents héros sont morts pour elle." Des soldats s'étreignent avant d'aller à la mort, d'autres s'équipent d'armes ou de boucliers. Dans le fond, on distingue les navires de l'armée perse. David réalisa de nombreuses esquisses pour sa composition, modifiant sans cesse les groupes et l'attitude des personnages. Dans un premier dessin d'ensemble (Montpellier, musée Fabre), que l'on situe autour de 1799, Léonidas était vu de trois quarts, et les groupes qui l'entouraient étaient encore plus confus. Un immense paysage de rochers fermait l'arrière-plan. Le dessin du Louvre, précédant d'un an l'achèvement du tableau, est évidemment beaucoup plus proche de la peinture. Dans celle-ci, l'arbre de droite aura beaucoup moins de branches et de feuilles, afin de dégager l'arrière-plan, où l'on pourra observer une caravane de mulets quittant le futur champ de bataille. Le dessin était destiné à un amateur, un ami de David, le comte Sommariva, mais demeura en fait dans l'atelier du peintre. Il a été acquis par le Louvre dès sa vente posthume, en 1826. Le canon court et trapu des personnages entraîne une certaine lourdeur de la composition. David a beaucoup insisté sur son dessin, le reprenant à plusieurs reprises, ce qui contribue à donner une certaine impression d'empâtement, allié aux figures figées dans leurs mouvements. Musée du Louvre Paris
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