mercredi 24 mai 2017

Centre des Monuments Nationaux - Collection des frères Séeberger - Regards

"La collection de photographies des frères Séeberger" En avril 1977 fermaient définitivement les portes du studio des frères Séeberger, après près de 70 années d’activité (1909-1977) : quatre décennies plus tard, que sont devenues les archives photographiques de Jules, Louis, Henri, Jean et Albert ?  Les frères Séeberger constituent une de ces dynasties de photographes que le XXème siècle a fait naître et que l’âge d’or de la photographie a vu s’épanouir.  À l’origine, ils sont trois frères, Jules (1872-1932), Louis (1874-1946) et Henri (1876-1956). Tous manifestent un désir de création précoce et commun, qui trouve dans un premier temps son exutoire dans le dessin industriel. À l’aube du nouveau siècle, Jules entraîne toutefois ses frères dans une nouvelle aventure, celle de la photographie, pour laquelle il se passionne en dilettante depuis déjà plusieurs années. L’atelier, installé dans l’appartement familial, reçoit ses premières commandes des éditeurs de cartes postales, puis des magazines de mode qui leur proposent de réaliser des reportages dans les milieux mondains.  Quelques années plus tard, les fils de Louis, Jean (1910-1976) et Albert (1914-1999), rejoignent l’entreprise, prospère et renommée, afin d’y faire leur apprentissage. Ils en prennent la tête au tournant de la Seconde Guerre mondiale et, par nécessités financières autant que par curiosité photographique, en diversifient l’activité : en complément de la photographie de mode qui demeure leur spécialité, ils réalisent ainsi, assistés plus tard du fils de Jean, Daniel, divers reportages pour la presse, des portraits de personnalités, des vues de spectacles parisiens, des catalogues pour l’industrie, des images de chasse, des publicités, immortalisent la Libération de 1944 et constituent une photothèque illustrant la vie des Parisiens, entre pittoresque et modernité.  Suite à la fermeture du studio, en l’absence de repreneur, les frères lèguent, donnent ou déposent l’œuvre de leur vie auprès de nombreuses institutions françaises compétentes, travail d’héritage et de mémoire poursuivi par Albert après le décès de Jean, et aujourd’hui par les enfants d’Albert.  Vous trouverez ainsi des images Séeberger à la Bibliothèque nationale de France (la mode), à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (les photographies de la première génération, dont cartes postales), à l’ECPAD (les vues militaires), à la Bibliothèque-musée de l’Opéra (les portraits de danseurs/chanteurs et les spectacles), à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, au Château de Gien – Musée de la Chasse (les photographies de chasse), au Musée Carnavalet – Histoire de Paris (les images de la Libération de Paris par Jean), au Centre Pompidou, au Musée français de la photographie, au Palais Galliera, ou encore aux Arts Décoratifs.  Le Centre des monuments nationaux, pour sa part, a acquis en 1993 un premier fonds composé d’environ 15 000 négatifs réalisés par la seconde génération Séeberger (vues de France, photographies du Paris monumental et de ses petits métiers populaires, portraits, images de spectacles et reportages sur la vie pendant la Seconde Guerre mondiale) ainsi que quelques centaines de tirages et beaux objets, à l’image d’un bel album d’époque regroupant les photographies consacrées aux hôtels particuliers du Marais et de l’île Saint-Louis qui furent exposées au Petit Palais lors de l’exposition de photographies documentaires de 1906.  Ce large ensemble vient d’être récemment complété par une importante et généreuse donation des héritiers d’Albert Séeberger : au total, ce sont plus de 10 000 nouveaux objets et phototypes (négatifs tous supports, tirages, autochromes, positifs couleurs, dessins, documents d’archives…) des deux générations confondues qui viennent enrichir le fonds du Département des ressources documentaires. Nous les en remercions chaleureusement.  Cette acquisition, comprenant notamment des images des inondations de Paris, des dessins floraux et des épreuves de mode, permet de reconstituer pour la première fois un panorama exhaustif de l’activité des frères Séeberger, de leurs travaux de commande à leurs recherches plastiques personnelles, de l’amateurisme des premières années à l’entreprise florissante des Trente Glorieuses, de leur découverte de la photographie à son abandon.
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